Lauréats du Prix Bel Ami - Daum 2009

Publié le par Prix BEL AMI

LAUREATS DU PRIX BEL AMI – DAUM 2009

 

Voici dès maintenant les résultats de la magnifique soirée du prix Bel Ami Daum 2009 qui s’est déroulée jeudi soir dans les salons de l’hôtel Bel Ami. Nous en ferons le compte-rendu à travers les photos qui donnent une idée de la chaleureuse ambiance qui a régné ce soir-là. Vous les trouverez ce week end sur le blog.

 

Prix de la biographie :

 

« Mon évasion, autobiographie » Benoite Groult (Grasset)




Prix du roman :

 

« Séraphine, de la peinture à la folie » Alain Vircondelet (Albin Michel)

 



Prix jeunesse :

 

« Miss Charity » Marie-Aude Murail (Ecole des loisirs)

 



 

Les lauréats ont chacun reçu :

 

1° Un cristal Daum

2° Cinq nuits d’hôtel offertes, en chambre double, avec petit déjeuner et soins au Spa de l’hôtel Bel Ami

  Un merveilleux bijoux de Martine Harraca (Bracelet, boucles d’oreilles, boutons de manchettes).

 

Voici les quelques mots qu’Elisabeth Reynaud, la présidente du prix, a adressés à chacun :

 

 

PRIX BEL AMI  - DAUM de la  BIOGRAPHIE 2009

 

Evidemment il y avait Louise de Vilmorin, que d’aucuns ont déjà oubliée et que d’autres ne connaissent toujours pas.

Louise de Vilmorin et ses complaintes fantasques ou douloureuses. Louise, princesse en son royaume de Verrières, ou reine dans son château des Carpates. Courtisée par Malraux, Saint Ex ou Welles. Et la très belle biographie que lui consacre Françoise Wagener aux éditions Albin Michel.

Evidemment il y avait la Comtesse de Ségur, née Sophie Fedorovna Rostopchine, et les Malheurs de Sophie qui ont marqué l’enfance de tant et tant d’entre nous, « Les Vacances », « Les Petites Filles modèles », « Pauvre Blaise », « Le Général Dourakine », que les éditions Hachette avaient d’abord publié dans la Bibliothèque Rose… Autant d’ouvrages inoubliables que l’on retrouve avec Marie Joséphine Strich, grande spécialiste de la comtesse, dans la superbe biographie qu’elle a consacrée à ce monument de la littérature pour la jeunesse, en compagnie de Yves-Michel Ergal. 

Louise de Vilmorin, la Comtesse de Ségur, deux destins de femmes libres, fascinantes, profondément inscrites dans leur époque.

Et puis à la devanture des libraires cette année 2008,  il y avait Françoise Hardy, Françoise Sagan, Catherine Pozzi, Nancy Cunard… Que de fabuleux personnages de femmes!

Mais notre sang n’a fait qu’un tour, savez-vous, et, sans aucun effort, dans un bel ensemble, nous avons voté sans coup férir, pour madame Benoîte Groult.

Voici donc ce que j’avais à dire à madame Groult, qui n’a pu être présente ce soir et que madame Blandine de Caunes, sa fille, qui nous fait le plaisir d’être là, lui transmettra pour nous :

« Bien sûr, madame,  j’ai adoré, comme un vaste public, « La Touche étoile », et je retrouve aujourd’hui votre voix dans cette autre autobiographie parue chez Grasset, que vous appelez avec humour « Mon Evasion ». Et puis j’ai relu ce chef-d’œuvre qu’est « Les Vaisseaux du cœur », et j’ai compris que vous chantez, que vous glorifiez, de toute votre intelligence, la VIE. Et même plus : l’intelligence de vivre. Vous chantez le courage de vivre. Le courage d’aimer. Vous nous apprenez qu’il ne s’agit pas seulement d’être « féministe » (pardon pour les MLF), mais qu’il s’agit d’être femme, avec l’ardeur d’un combattant. Avec la volonté virile de la conquête, toujours recommencée. Vous dites aujourd’hui, à 89 ans : « Tant que la terre n’aura perdu aucune de ses couleurs, ni la mer de sa chère amertume, ni les hommes de leur étrangeté, ni l’écriture et la lecture de leur attrait, tant que mes enfants me ramèneront aux racines de l’amour, la mort ne pourra que se taire. » Voilà, vos jardins, la mer, vos hommes, vos enfants, les livres, sont ceux à qui vous avez donné toutes vos forces et tout votre amour.

Et puis dans quel âpre langage avez-vous su dire la tendresse des corps amoureux qui se dévorent avec passion !

Sans cesser d’être rieuse, moqueuse, malicieuse, vivante, amoureuse des mots les plus variés, les plus crus, parfois.

Car vous nous offrez à chaque instant les fulgurances de votre esprit, aiguisé, solide, d’une verdeur sans faille. Et l’on se prend à évoquer en vous lisant l’ombre de la grande Colette.

Pardon, madame, d’avoir l’audace de détailler ainsi les raisons pour lesquelles l’on vous choisit. Mais d’abord il le faut bien. Et c’est avec bonheur que nous l’avons fait. Pour le plaisir de vous dire combien votre voix nous touche. Combien elle résonne en nous au plus juste. A quel point elle torpille adroitement les vieilles lunes lassantes des années 70-80, sans oublier bien sûr les acquis du passé. A quel point elle est jeune et fière votre voix qui sonne clair.

On a envie de vous dire, madame, nous le donnerez-vous un jour le secret qui est le vôtre pour être belle toute la vie ?

Enfin, pour vous qui avez une telle passion pour la mer et les océans, un dernier mot qui nous vient d’un champion navigateur. Devant l’arrivée triomphale de la jeune anglaise Ki Cafary qui a remporté le Tour du Monde à la voile en solitaire, cet homme a déclaré devant les trois femmes arrivées dans les six premiers : « Les femmes ont joué la souplesse et l’harmonie, au contraire de nous qui avons voulu forcer les éléments. » Un mot qui vous ressemble, n’est-il pas ?

 

Madame Benoîte Groult reçoit le prix Bel Ami 2009 de la Biographie, qui distingue un beau destin de femme.

 

Il lui est offert par la cristallerie Daum, un cristal qui porte une fleur de lotus.

Par Martine Harraca, elle-même grande amoureuse de la mer, un large bracelet bleu pâle, incrusté de brillants.

Par l’hôtel Bel Ami cinq nuits d’hôtel avec petit déjeuner et soins au Spa.

Par Ayala une bouteille de champagne.       

 


PRIX BEL AMI - DAUM du ROMAN 2009

 

Depuis longtemps on la guettait, on l’attendait, cette Séraphine. On pensait que c’était une jeune fille frêle et diaphane, une jeune nonne épuisée d’amour comme on en voit chez la Comtesse de Noailles. Hé bien pas du tout.

Un homme, à l’écriture fine, minutieuse, amoureuse, s’était emparé d’elle dès longtemps, pour en faire un portrait ému et profond. Il avait pénétré avec force les arcanes secrètes de l’artiste étonnante dont il s’était approché au plus près.

Séraphine était une femme dénuée de tout, qui, dans sa solitude, et, par la seule force de son amour resté sans objet, avait passé une partie de sa vie de pauvre, à peindre des tableaux immenses dans un sous-sol mal éclairé. Puis elle avait fini sa vie, l’esprit égaré, dans un asile de fous, à moitié morte de faim.

Une actrice étrange et habitée a reçu le César de la meilleure interprétation pour son rôle de Séraphine. Et le film n’a pas moins écopé de sept césars en tout. Peu importe, le jury du prix Bel Ami avait déjà fait son choix avant les césars!

Mais avant cela, bien avant, dès 1987, il y avait un homme  présent parmi nous ce soir, Alain Vircondelet, qui avait choisi de lui consacrer des centaines d’heures de travail et ce talent d’écrivain qui était la sien. Talent révélé à l’époque, dans un très bel ouvrage consacré à Marguerite Duras. Il avait alors tout dit sur elle. Comme il a tout dit aujourd’hui sur Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis.

Alors nous n’avons pas hésité non plus, et nous lui avons décerné le prix Bel Ami du roman. Car telle est son écriture, une écriture romanesque, spécialement lorsqu’il nous parle de cette femme dont la vie dépasse toute fiction et se lit comme un roman.

 


PRIX BEL AMI - DAUM  JEUNESSE 2009

 

Du jour où mes enfants sont devenus grands je me suis un peu éloignée, je l’avoue, de la littérature jeunesse. Je n’étais donc plus véritablement instruite en la matière. Aussi quelle ne fut pas ma surprise lorsque certains membres de notre jury me firent découvrir un grand nombre d’ouvrages d’une richesse et d’une diversité étonnantes. Nous eûmes donc l’embarras du choix.

Mais la suprématie de l’un d’eux s’imposa pourtant rapidement. Oui, on pouvait faire preuve d’un talent protéiforme en écrivant pour la jeunesse. On pouvait convoquer les génies de la littérature au sein d’un texte destiné aux enfants. Il était possible d’exercer toutes les facettes de son écriture dans des histoires de petites filles qui devenaient plus érudites que leurs parents.

C’est ce qu’avait fait avec une incroyable virtuosité Marie Aude Murail, dans son roman « Miss Charity » paru à l’Ecole des Loisirs.

Elle nous conte dans ce gros livre illustré de dessins naïfs et un peu désuets, l’histoire d’une petite fille anglaise des années 1880 dont les petites sœurs sont mortes et qui se réfugie à la nursery où elle dresse des lapins, étudie les champignons et élève des souris. Elle apprend aussi Shakespeare par cœur et dessine des corbeaux qui parlent. Tout cela sous les cris de sa bonne Tabitha qui a un peu l’esprit dérangé et voit des démons partout. Elle attend, elle attend, et sa patience sera récompensée…

En citant certains des titres de Marie Aude Murail, tel que « Dinky rouge sang », « La Dame qui tue », « Qui veut la peau de Maori Cannell ? » ou encore « Charles Dickens », on entrevoit la diversité de son talent. Elle a d’ailleurs dédié « Miss Charity » au lapin de Béatrix Potter et au corbeau de Charles Dickens. Maintenant si vous voulez passer de longues heures enchantées, faites comme nous, lisez son roman.

 

Nous lui décernons donc le prix Bel Ami jeunesse avec une profonde admiration.   

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