Première sélection 2009

Publié le par Prix BEL AMI

PREMIERE SELECTION PRIX BEL AMI 2009 :

 

 

« La beauté du monde » Michel Le Bris (Grasset)

 

De la petite ville de Chanute au fin fond du Kansas en 1910, au cercle de l’Algonquin durant les roaring twenties, La petite Osa n’a pas chômé. Mariée à 16 ans avec un compagnon d’aventure de Jack London, elle sera la pionnière du cinéma d’exploration. Caméra d’un côté, fusil de l’autre, sponsorisée par Coca-cola, Osa, la bien nommée, n’a peur de rien. Petite, pulpeuse et glamour, cheveux crantés, sourire Colgate, elle s’enfonce au cœur de la brousse africaine, abat des lions ou des rhinocéros, négocie avec des cannibales, et pose, éclatante, sur les bobines en noir et blanc de son cinéaste de mari. A son retour, devenue la coqueluche de Manhattan, elle sert de modèle à l’héroïne du film de King Kong. Mais, à la fin de sa vie, hantée  par ses voyages, elle se réfugie dans l’alcool et rejoue indéfiniment son propre rôle jusqu’à la caricature. Une histoire vraie, menée tambour battant, à l’instar de la vie d’Osa Johnson, dont le sourire lumineux crève l’écran pour l’éternité.

 

 

« L’ordre des jours » Gérald Tenenbaum (Héloïse d’Ormesson)

 

En 46, au sortir de la guerre, Solange a vingt ans. Elle attend le retour de son père Isy, déporté. Max, compagnon de ce dernier à Auschwitz lui affirme pourtant qu’il ne reviendra pas mais d’instinct, elle sent qu’il n’a pas tout dit.

Pour l’héroïne, c’est une longue quête de la vérité qui commence. Où se trouve son père ? Et plus tard, quelles sont les circonstances de sa mort ?

Au fil de ses recherches qui l’emmènent en Israël puis en Pologne, elle aura peu à peu les réponses à ses questions.

Comment faire le deuil du passé quand ce passé vous a tout pris ? C’est cette même souffrance que partage Simon, également fils de déporté avec lequel Solange tente de construire sa vie. Mais pourra-t-elle échapper au désir de vengeance qui la tenaille ?

De son écriture ciselée et tenue, Gérald Tenenbaum dresse ici un magnifique portrait de femme, qui, avec courage et détermination, affrontera les démons de l’histoire et ses propres démons. 

 

 

« Les Racines du Silence » Katherine Maroger (Anne Carrière)

 

Orpheline adoptée par des français à l’âge de deux ans, Katherine Maroger raconte comment le mystère de ses origines, qui ronge sa vie en silence depuis son enfance, l’a un jour amenée à entreprendre un voyage à la recherche d’elle-même. S’armant de courage pour fouiller son passé, elle s’envole pour Oslo et découvre qu’elle est née dans un Lebensborn – une soi-disant maternité plus proche d’un élevage humain organisé par les nazis pour améliorer la race germanique. En affrontant la vérité, elle raccommode peu à peu le tissu de son passé en lambeaux. Un récit poignant, plein d’un effroi intime qui donne une fois de plus la mesure de l’horreur nazie.

 

 

« La Comtesse de Ségur » Yves –Michel Ergal, Marie-José Stricht (Bartillat)

 

Étonnant destin que celui de la comtesse de Ségur. Née en 1799 en Russie, Sophie Rostopchine fait déjà partie de la noblesse russe.

Son père est premier ministre du tzar Paul Ier, par la suite il sera gouverneur de Moscou.

Sophie arrive à Paris avec toute sa famille à l'âge de 18 ans. Lors d'un bal, elle rencontre Eugène de Ségur qu'elle épouse à l'âge de 19 ans. Elle partage sa vie entre les salons parisiens et le château de Nouettes. Elle mettra au monde six enfants dont deux jumelles. Mais c'est grâce à ses petits-enfants, à qui elle raconte des contes fantastiques, que la véritable vocation de la comtesse va naître. Habituée à passer tous ses étés en famille au château de Nouettes, la comtesse a le coeur déchiré au moment des adieux. Pour prolonger ces instants de grâce, elle a l'idée d'écrire ses histoires sur un cahier et de leur envoyer. Un jour, un de ses amis, emporte un manuscrit de la comtesse aux éditions Hachette. Le succès est immédiat. Les Nouveaux Contes de fées paraissent en 1856 puis ce sera: Les Petites Filles Modèles, Les Malheurs de Sophie, Les Mémoires d'un Anne,  L'Auberge de l'Ange gardien, Le général Dourakine, la soeur de Gribouille etc.

Vingt-cinq romans en moins de quinze ans, dont le succès perdure jusqu'à aujourd'hui. La comtesse n'est pas seulement un monument de la littérature, elle est un exemple précoce du génie féminin moderne.

 

 

« Confessions d’une religieuse » Sœur Emmanuelle (Flammarion)

 

Soeur Emmanuelle, de son vrai nom, Madeleine de Cinquin, ou le destin d'une femme presque comme les autres. Pas vraiment une "sainte", "indomptable" et quelque peu "féministe" selon ses propres termes. A 20 ans, Madeleine est prête a goûter "à tous les fruits de la vie" et pourtant, contre toute attente cette jeune femme à la prose riche, à la répartie implacable, au caractère bien trempé sent en elle "un appel de l'absolu". Emportée par le secret d'une blessure qui ne cicatrise jamais, sa vie sera une véritable croisade pour la condition humaine. Ni les obstacles, ni les conflits, ni même ses doutes sur la véracité de sa religion, de ses croyances ne viendront perturber ses convictions. Cet ainsi que ce petit bout de femme, à la blouse grise en nylon, aux tennis usées et au regard toujours malicieux marquera l'histoire à tout jamais.

 

 

« Nancy Cunard » François Buot (Pauvert)

 

L’héritière des transatlantiques Cunard, fut le grand amour d’Aragon et la muse de Neruda, Huxley, Tzara, Pound. Cette ravageuse élégante, qui possède un « détachement masculin » selon Huxley, et « un long corps à la froideur envoûtante des serpents » selon Jouhandeau, se prend de passion pour les Noirs et écrit une fabuleuse « Anthologie nègre » de 855 pages. Elle dénonce l’horreur des camps de réfugiés espagnols et l’oppression mussolinienne sur l’Ethiopie.

 

 

« Louise de Vilmorin, l’inconsolable » Françoise Wagener (Albin Michel)

 

Louise la délicieuse, poète et romancière fantasque, qui enchanta les hommes les plus brillants comme Saint-Exupéry ou André Malraux, anima longtemps son célèbre « salon bleu » de Verrières, de sa grâce, de son esprit et de sa verve inépuisable. Sous un aspect frivole qu’on lui reprocha souvent elle cachait une inguérissable mélancolie. Elle épousa un riche américain, puis un comte hongrois qui l’enleva dans son château des Carpates, eut trois filles, quatre frères adorés et la célébrité d’une élégante folle de mode et de mondanités.

 

 

« La Valise de Vera » Florence Morgensztern (Le Passage)

 

Qui était Vera ? Frances sa fille le saura le jour où elle osera enfin ouvrir l’encombrant bagage venu d’Amérique et en affronter les secrets. Elle y rencontrera son aïeule, Anna, venue du ghetto de Lublin en Pologne. A travers le parcours de ces trois femmes liées par la douleur et le sang, une traversée du XXe siècle et de ses ombres.

 

 

« Sagan, à toute allure » Marie-Dominique Lelièvre (Denoël)

 

Sagan à travers ses passions d’enfant gâtée prise au piège du plaisir et de la paresse. Sagan, opiniâtre et désespérée. Sagan douée à mourir. Sagan légère et déchirante. Bardée de luxe et d’adorateurs et trices. Sagan et Bernard Frank, Sagan et Florence Malraux, Sagan et Peggy Roche qui dort auprès d’elle pour l’éternité. Non loin peut-être de ce petit frère mort dans son berceau dont elle ne parlait jamais…

 

 

« Catherine Pozzi, la vocation à la nuit » Mireille Diaz-Florian (Aden)

  

Dans son journal, le 11 novembre 1917, Catherine Pozzi écrivait que son  nom  sonnait "doux-étrange"...

Ecrivain au style incisif, mais aussi, en quelque sorte, médium - car elle puisait quelquefois son  inspiration dans l'irrationnel -, elle disait d'elle-même qu'elle n'était "que poète".

Femme élégante et érudite, elle fréquenta les salons mondains, et fit l'admiration des personnalités les plus en vue, comme Pierre Jean Jouve, Jacques Maritain, et tant d'autres, et vécut deux grandes passions, intenses et douloureuses, avec André Fernet et Paul Valéry.  

Elle lutta avec acharnement contre la maladie, par le travail constant et la création, et par le questionnement qui fut son  chemin : "avant de mourir il faut recréer l'univers : c'est-à-dire qu'il faut le comprendre." Catherine Pozzi  connut une fin prématurée  à l'âge de cinquante-deux ans.

La biographie de  Mireille Diaz-Florian nous restitue, dans ses multiples facettes, un destin d'écrivain visionnaire.  

 

 

« Portrait d'une femme romanesque, Jean Voilier » Celia Bertin (Fallois)

 

Une enquête sur une femme mystérieuse, Jeanne Loviton, plus connue sous son nom de plume de Jean Voillier (1903-1996), pseudonyme qu'elle adopta en 1935. Née de père inconnu, ce n'est que dix ans plus tard, lors du mariage de sa mère, une artiste, avec un éditeur, Ferdinand Loviton, qu'elle sera reconnue.

Elle a été le grand amour de Paul Valéry. Admirables lettres du poète à sa muse.

Femme d'affaires remarquable. Elle a dirigé deux maisons d'édition. Elle avait acheté à la fin de la guerre les Editions Denoël, dont le fondateur, Robert Denoël, qui fut l'éditeur de Céline et qu'elle souhaitait épouser, fut assassiné en décembre 1945.

Femme d'affaires et femme du monde, elle forçait l'admiration de certains et en entraîna d'autres à user à son égard des pires calomnies.

Elle eut des amours multiples : outre Paul Valéry, Jean Giraudoux, Saint-John Perse, Curzio Malaparte, quelques hommes politiques, certains homme d'Etat et aussi quelques femmes remarquables..

François Mauriac disait qu'elle aura été "le dernier personnage romanesque de ce temps". Sa vie est un roman où tout est vrai.

 

 

« Le Désespoir des singes et autres bagatelles » Françoise Hardy (Plon)

 

Le roman d’amour et de chansons de la femme d’un seul homme, son époux, Jacques Dutronc et la mère d’un seul fils, Thomas, qui furent en fait les deux passions de sa vie, bien que paroles et musiques nous aient transmis au cours des décennies, le fond de sa mélancolie et de ses éclats de cœur.

 

 

« Madeleine Ozeray, Ondine de la Semois » Dominique Zachary (Racine)

 

Bien sûr, elle fut Ondine de Jean Giraudoux, auprès de son compagnon le terrible Louis Jouvet, au théâtre de l’Athénée. « Madeleine est une légende vivante » dit Philippe Noiret qui tourne à ses côtés dans Le Vieux Fusil, avec Romy Schneider. « Madeleine Ozeray avait la grâce » affirme Christophe Malavoy qui écrit la très belle préface de cet ouvrage où vibre la sensibilité, la finesse de cette femme raffinée dont c’est le centenaire.

 

 

« Mon évasion : autobiographie » Benoite Groult (Grasset)

 

Si Benoîte Groult a longtemps considéré la jeunesse « comme un long noviciat avant le mariage », elle a su peu à peu conquérir ses libertés, dont elle connaît le prix, et la douceur : elle nous conte ici ses hommes et ses mariages, Pierre Heuyer, Georges de Caunes, Paul Guimard. Elle nous dit ses combats, depuis le journalisme d’après-guerre à la féminisation des « noms de métiers, de grades et de fonctions », avec Yvette Roudy. Dans ce style libre qu’on lui connaît, elle revient sur ses choix, ses amitiés : femme heureuse à qui la vie a donné une chance particulière : conquérir ses libertés une à une, les payer, les savourer, les aimer.

 

 

PREMIERE SELECTION PRIX BEL AMI JEUNESSE 2009 :

Marie-Aude Murail, Miss Charity, École des Loisirs, 2008

Anne Robillard, Les Chevaliers d’Emeraude, tome 6 : Le Journal d’Onyx, Michel Lafon, 2008.

Pierre Bottero, Le pacte des Marchombres, tome 3 : Ellana la prophétie, Rageot, 2008.

Scott Westerfeld, Uglies, tome 4 : Extras, Pocket Jeunesse, 2008

Weisman et Stewart, Cathy’s book, Bayard Jeunesse, 2008

Cathy Delanssey, La Gardienne des océans, Auzou, 2008

Jeaninne de Cardaillac, Clem, tome 2 : Le Pacte des Coccinelles, Hachette, 2008

Claire Le Gal, Mon journal intime, Max Milo, 2008 (Ou Cornet Astrid, la Zone Pluskepure, Max Milo, 2008.)

Fuyumi Ono Akihiro Yamada, Les Douze Royaumes, livre 5 : Les Ailes du désir, Milan, 2008

Cathy Ytak, Rien que ta peau, Actes sud junior, 2008

 

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